Balance Exupère pour contrôle des pesées à poids constants
Par Clet et Chantal Le Castrec
Quel est l’usage de cette balance classique mais avec des éléments qui la rendent insolite
La forme du plateau fait penser de prime abord à une balance postale, mais le second plateau a une forme inconnue.
Les quatre pieds réglables sont rares sur ce type de balance.. Ils laissent penser à un appareil destiné à être souvent utilisé dans différents lieux, demandant des réglages fréquents et précis.
Un système de levage et de blocage du fléau vient confirmer ce transport fréquent protégeant le couteau et le mécanisme d’une usure prématurée.
Une première piste est sa découverte dans le catalogue EXUPERE de 1928-1930
Appareils pesant par quantités constantes
Pour le contrôle des pesées à poids constants, nous trouvons une réponse dans un ancien document :
Le Cours de poids et mesures Tome II de M. Francis VIAUD
TECHNIQUE ET REGLEMENTATION DES INSTRUMENTS DE MESURES Chapitre XXV page 378
extrait du document :
- Cas d’emploi du pesage par quantités constantes. Le pesage par quantités constantes est utilisé dans deux catégories d’opération :
1° La préparation de paquets ou de sacs d’un poids constant, fixé 125, 250, 500, etc. grammes 50, 100 kilogrammes. Exemples les produits alimentaires : café, riz, pâtes, etc., ou les produits industriels : ciment, charbon, engrais, etc.
2° Cette deuxième catégorie concerne les peseuses ensacheuses et ne concerne pas cet article.
Plus loin dans ce même document page 384
- Prescriptions réglementaires applicables aux balances à pesées constantes
Ces instruments n’ont pas été définis par l’ordonnance de juin 1839, ni par les décrets de 2 Mai 1923.
Ils ont été admis à la vérification et au poinçonnage par assimilation. De ce fait, il n’y a pas de texte définissant d’une manière précise les prescriptions qui leurs sont applicables.
Néanmoins, les circulaires d’admission des premiers appareils ( Coche : 16 novembre1894, Ridcharson Amelin et Renaud Avery, 17 juillet 1896, Chronos : 26 décembre 1900 précisent que : Les vérificateurs auront spécialement pour mission de s’occuper du fonctionnement de l’appareil de pesage ; ils s’assureront d’abord que cet appareil n’est entravé dans aucun de ses mouvements et qu’il possède le degré de sensibilité prescrit par l’ordonnance du 16 juin 1839.
En outre, comme pour les autres instruments, ceux-ci doivent porter la marque du fabricant, apposée sur l’un des bras du fléau aussi près que possible du couteau central, ainsi que l’indication de la force de l’instrument. Le poinçon primitif et le poinçon d’ordre doivent être apposé sur le fléau, à côté de la marque du fabricant. Le poinçon annuel doit être apposé sur une goutte de plomb, fixée soit le bâti, soit sur la boite destinée à recevoir ces poids.
En ce qui concerne les appareils peso-ensacheurs, en l’absence de dispositions réglementaires, il est à supposer que les mêmes règles doivent être suivies…
Deux plateaux laiton ;
un classique rectangulaire avec deux bords relevés (12,5 × 12 cm) type balance postale
(sur le catalogue il est positionné à l’envers)
L’autre plus insolite, massif en laiton de diamètre ext de 6 cm. Ce petit plateau circulaire a pour but de bien centrer un poids de 500 g ou de 1 kg, pour éviter l’excentration et un manque de fidélité.
La longueur de la balance est de 31 cm à sa base
On remarque également quatre pieds réglables (vis calantes, pour déplacements fréquents) et deux petits plateaux fixés sur le bâti et au-dessus de chaque dans l’axe, un anneau est présent au-dessus. Leur usage reste un mystère.
Un système de levage et blocage du fléau rare sur une balance Roberval, pour bloquer le fléau lors du transport et protéger les couteaux.
Michel Barbare a consulté dans ses archives les circulaires d’admissions de ROBERVAL et en a trouvé une seule présentant un “système de blocage ” ( afin de ne pas endommager les couteaux , par suppression des chocs lors de la pose des poids sur le plateau et lors du transport de la balance) intitulée “balance de comptoir à enrayage” par les fabricants : Les sieurs CALAIS et CHAIRGRASSE de Dijon (circulaire n°23 du 5 septembre 1864).Michel a aussi retrouvé une circulaire n°378 du 10 octobre 1925, pour l’adjonction d’un dispositif de calage sur une Roberval, présentée par les établissements GREFFE,CARTIER et PIERRETON de Grenoble.
« Le poinçon primitif et le poinçon d’ordre doivent être apposé sur le fléau, à côté de la marque du fabricant. Le poinçon annuel doit être apposé sur une goutte de plomb, fixée soit le bâti, soit sur la boite destinée à recevoir ces poids »
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En mettant un poids de 1 kg, portée de la balance indiquée sur sa base, l’équilibre est obtenu avec un poids en porcelaine de 1 kg + 2 g (marge correspondant à une tare d’emballage, une marge d’erreur ?)
Pas d’informations plus précises sur le métier, mais certainement, un épicier ou un droguiste préparant par petite quantité pour la vente au détail un produit acheté en gros .
Il est probable que l’arrivée des balances automatiques mit fin à cette utilisation et sonna le glas de cette production
Remerciements à Michel Barbare et René Le Guillou pour leur précieuse aide